Offrir des possibilités aux jeunes ? Viviana von Allmen |
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L'ARTICLE.CH est une publication mensuelle traitant de sujets d'actualité suisses, selon différentes rubriques. Créé en décembre 2004 par un petit groupe d'étudiants en journalisme et communication à l'Université de Neuchâtel, ce projet permet aux étudiants journalistes de s'exercer sur le terrain, de récolter des expériences et leur fournit une plateforme de publication. Article 3 L’Association a pour buts • D’offrir des espaces rédactionnels interactifs répondant aux besoins de répandre l’information et la culture, ainsi que de divertir et d’éduquer. • De créer, développer et gérer un site Internet ouvert à la formation et à la pratique de futurs journalistes L’association vise essentiellement à : a) encourager le dialogue interculturel entre les différentes communautés et promouvoir le développement culturel et professionnel de ses membres ; b) offrir à la population une information libre et indépendante ; c) favoriser les échanges interculturels et promouvoir la liberté d’expression ; d) défendre les droits de l’homme et les libertés fondamentales ; e) encourager la solidarité, la cohésion sociale et le développement de la vie culturelle, artistique et associative ; f) offrir à ses membres des formations dans les domaines des médias et des nouvelles technologies de la communication et de l’information
« La Une » aborde chaque mois un sujet central choisi dans l’actualité.
Les rubriques adjacentes couvrent la culture, la société, l’économie et le sport.
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Extrait des statuts de l’Association du magazine sur Internet « larticle.ch »
Editeur responsable et présidente:
Viviana von Allmen
Vice-président :
Steve Remesch
Caissier :
Willy von Allmen
Secrétaire :
Mathieu Maridor
Porte-paroles :
Céline Rochat
Deborah Sohlbank
Didier Nieto
Offrir des possibilités aux jeunes ? Viviana von Allmen |
| N°8 | octobre 2005 |
| Qui connaît les cyclones ? Les cyclones n’ont cessé de gagner en intensité depuis 1970. Deux études américaines tendraient à démontrer que les émissions humaines de gaz carbonique à effet de serre, qui réchauffent la surface de nos océans seraient les responsables de l’augmentation des cyclones de force maximale. Photo: Rolf Isli |
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La Russie en Ville de Bienne Olga Angel dirige Matriochka Concept, sa propre école de langues à Bienne. Une confiance aveugle et l’envie de montrer son pays sont à l’origine de son projet. Photo par Viviana von Allmen |
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| Souvenir d’un été à l’armée Octobre 2005, trois ans après de mon école de recrue à Payerne.aujourd’hui, je m’apprête à ressortir mes affaires militaires pour un cours de répétition. Le recul me permettra, peut-être, de donner un sens à un système qui m’est toujours apparu contradictoire et hypocrite. Photo : Viviana von Allmen |
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| L’autre Salzburg La vie dans une ville peut se révéler différente si vous êtes un touriste.On se trouve plongé dans une sorte de bulle, un monde à part dans lequel on ne partage pas les mêmes préoccupations que les gens qui vivent dans la ville que l’on visite. J’ai choisi une attitude observatrice lors du récent voyage que j’ai fait à Salzburg. Photos : Valérie Clerc |
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Catastrophes se lie avec irresponsabilité humaine
Viviana von Allmen
Certains pays se considèrent moins vulnérables et croient que les catastrophes « ça n'arrive qu'aux autres ». Détrompez-vous, tout le monde est concerné et les catastrophes naturelles sont devenues de nos jours très fréquentes et touchent n’importe quel point de la Terre.
La puissance d’un Etat ne peut rivaliser avec celle de la nature.
Un pays comme les États-Unis s’est trouvé complètement dépassé et impuissant devant le chaos engendré par les conséquences du cyclone Katrina. Le désastre occasionné par ce cyclone vient révéler la fragilité de l’être humain face à la puissance de la nature. Ce n'est que par la raison, la science et la coopération que nous parviendrons à éloigner ou à réduire les risques de ces catastrophes naturelles.
Les événements climatiques extraordinaires ces dernières années, comme le réchauffement de la terre, la fonte des anciens glaciers, la multiplication des cyclones violents et des tempêtes de plus en plus puissantes sont des indices clairs d'un changement climatique. La canicule en Europe, pendant l’été 2003, a fait des milliers victimes en France ; le terrible Tsunami qui a frappé les pays riverains de l'Océan indien a endeuillé le monde entier en fin d'année 2004 par le nombre de victimes de plusieurs pays. Il faudra compter, à l’avenir, avec des risques climatiques d'un genre nouveau qui provoqueront de gros dommages sur notre planète. Nous devons donc nous habituer à ce que les étés caniculaires et les cyclones dévastateurs hors saisons soient plus fréquents, mais on doit aussi s’y préparer. Il faut qu'on prenne en compte la réalité climatique d’aujourd’hui et la nécessité d'agir de façon urgente. Le changement climatique constitue un défi majeur pour toute l’humanité.
Depuis quelques années, des catastrophes naturelles de toutes sortes, de plus en plus fréquentes et graves, font des milliers de victimes et réduisent à néant ce que nous avons construit pendant des années.
Comment interrompre cette évolution négative du climat qui menace l’avenir de notre planète? Comment prendre en compte des évolutions à long terme dont nous commençons à peine à percevoir les conséquences ?
Aujourd’hui, scientifiques et organisations écologiques disent qu’il est indispensable d'aller au-delà du Protocole de Kyoto, c'est-à-dire de limiter encore plus sévèrement les émissions des gaz à effet de serre.
Mais pour l’heure, il semble utopique d’imaginer la réalisation d’un tel objectif sans un changement d’attitude des Etats-Unis, principaux pollueurs de la planète. Pour notre part il faudrait consommer moins de confort pour ne pas continuer à nourrir les causes des catastrophes au nom d’une vie plus humaine.
Sommes-nous responsables de nos cyclones ?
De plus en plus violents, les cyclones n’ont cessé de gagner en intensité depuis 1970. Deux études américaines récentes parues dans des revues scientifiques tendraient à démontrer que les émissions humaines de gaz carbonique à effet de serre qui réchauffent la surface de nos océans seraient les grands responsables de l’augmentation des cyclones de force maximale.
Le professeur Kerry Emanuel, météorologue du « Technology Institute of Massachusetts », auteur d’une étude relatée dans un article du Nature le 4 août, a prouvé lors de ses recherches que la dissipation d’énergie des ouragans a pratiquement doublé durant ces trente-cinq dernières années avec, en parallèle, une augmentation de 0,5 C de la température de la surface de nos océans. Quant au professeur Webster du « Georgia Institute of Technology of Atlanta », il démontre dans son étude, parue dans le Science du 16 septembre, que la proportion des cyclones de catégorie 4 ou 5 est passée de 18% à 35% depuis les années septante, toutes régions du globe confondues. Leur force énergétique croît donc de manière inquiétante tandis que selon la même étude leur nombre ne varie pas, ni leur durée, ni la vitesse extrême de leurs vents.
La température de l’eau n’étant pas le seul facteur nécessaire à la formation des ouragans, il est donc très difficile d’émettre une preuve scientifique tranchée quant au lien de cause à effet entre le réchauffement des océans dû aux gaz à effet de serre et la force des ouragans. Sachant que les cyclones se nourrissent de la chaleur des eaux, il est évident, selon les scientifiques, qu’une corrélation existe entre ces deux phénomènes. Emanuel et Webster sont d’accord qu’il faudra encore de nombreuses années de données pour avancer de réelles conclusions mais ils rajoutent qu’en ce siècle à venir, il n’est pas conseillé de posséder une maison de plage dans le sud-est des Etats- Unis….
Combien de cyclones ? Combien d’inondations ? Combien de morts faudra-t-il à Georges W. Bush pour qu’il acquiert un semblant de conscience écologique et ratifie enfin le protocole de Kyoto, montrant ainsi l’exemple aux autres pays qui cachés derrière l’oncle Tom, font comme lui et continue de saturer notre atmosphère en CO2 au nom du Dieu Economie.
J.B.
Les catastrophes naturelles… humaines.
Ces derniers mois ont été marqués par une série de catastrophes naturelles d’une violence étonnante. Elles ont engendré des conséquences dramatiques. Mais les désastres ne seraient-ils pas également terriblement humains ?
Anne-Marie Trabichet
Les catastrophes naturelles font depuis toujours partie des événements majeurs qui ponctuent la vie terrestre et humaine. En général, qu’elles se produisent sous la forme d’inondations, de tremblements de terre, de cyclones ou encore d’incendies, elles s’accompagnent toujours de pertes humaines, mais aussi économiques, et de dégâts matériels et naturels.
L’une des caractéristiques des catastrophes naturelles, est le manque de contrôle que les hommes exercent sur elles. Même s’il est possible d’en prévoir certaines comme les séismes, ou de prendre des mesures préventives contre d’autres, tels les cyclones ou les inondations, il n’en reste pas moins que face à elles, les hommes se retrouvent, dans un certaine mesure, impuissants, et dépourvus de leur capacité à garder le contrôle de ce qui leur arrive. Les réactions humaines qu’elles engendrent sont nombreuses, mais on remarque une certaine constante au fil des événements.
Face à cette impuissance que ressentent les hommes lorsque arrive une catastrophe naturelle, il n’est pas rare de voir qu’ils essaient de reporter leur contrôle sur un problème parallèle. Quelques jours après le passage du cyclone Katrina le 29 août 2005 dans le sud-est des Etats-Unis, les secours et les opérations d’évacuation des zones sinistrées se passaient difficilement et surtout très lentement. Des milliers de personnes attendaient encore d’être secourus, et le gouvernement tardait à leur venir en aide. Au même moment, des pillards dévalisaient les maisons de la Nouvelle-Orléans. Le 1er septembre, trois cent soldats de retour d’Irak déboulaient dans les rues de la ville avec ordre de tirer et de tuer, s’il le fallait, tous les éventuels pillards. Le jour-même, alors qu’on lui reprochait déjà son inefficacité dans l’organisation des secours, le président Bush affirmait qu’il se montrerait « intraitable avec tous les pillards » et qu’on pouvait attendre de lui « la plus grande fermeté » à leur égard. A l’heure où il parlait, des milliers de personnes attendaient encore qu’on leur vienne en aide, certains entassés dans un dôme, d’autres en péril dans les eaux qui avaient envahi la ville. Les pillards de la Nouvelle Orléans étaient-ils plus important que les sinistrés ? Fallait-il faire venir des soldats pour tirer sur les gens, ou pour les secourir ? On dirait que dans le cas présent, le gouvernement américain, dépassé par l’ampleur de la catastrophe, a tenté de contrôler ce qui était en son pouvoir. Et il avait à sa disposition des soldats entraînés à la guerre, et non un plan de réaction face à une telle catastrophe.
Une autre de ces réactions terriblement humaines qu’entraîne une catastrophe naturelle, est la recherche d’un coupable. Mais le plus souvent, les incendies, les tempêtes ou encore les raz-de-marée sont le résultat de phénomènes naturels et de circonstances indépendantes de la volonté des hommes. Cependant, il est dans la nature humaine de chercher à faire endosser à quelqu’un la responsabilité des événements. Dans chaque catastrophe naturelle, on trouve un bouc émissaire. La plupart du temps, il s’agit du gouvernement du pays concerné. Après les inondations qui ont eu lieu cet été en Suisse, on a cherché très vite à dénoncer des lacunes en matière de préparation aux inondations. On s’est demandé si les autorités avaient correctement tiré des leçons des précédentes inondations, s’il n’aurait pas été judicieux de remettre en question la politique d’aménagement du territoire qui n’a pas évolué depuis les années 70, et si l’on avait pris en compte les changements climatiques et les dangers qu’ils pouvaient entraîner. Le gouvernement a bien entendu réfuté les accusations. Mais quelques jours plus tard, le conseil fédéral acceptait tout de même de se remettre en question en ce qui concerne le plan de catastrophe en cas d’inondation.
Les réactions humaines devant les catastrophes naturelles sont multiples et rarement mesurées. Ainsi, l’accusation est souvent exclusive et acharnée, et on en profite parfois pour dénoncer d’autre travers, d’autres problèmes. A la Nouvelle-Orléans, effectivement, les secours n’ont pas été efficaces, et l’aide est arrivée trop tard. Partant de ce fait, nombreux ont été ceux qui, dans la foulée, ont dénoncé une discrimination raciale dans l’évacuation. Il est vrai que les images de la ville montraient une majorité de Noirs sinistrés, attendant encore l’arrivée des secours. Mais la ville recense une forte proportion de Noirs. Souvent, cette partie de la population est plus démunie que les Blancs. Ainsi, ceux-ci ont pu fuir leurs habitations et la ville avant que le cyclone ne s’y abatte, grâce à leur voiture. Discrimination raciale ou pas, nous ne le saurons peut-être jamais, mais probablement que l’acharnement que certains ont mis à dénoncer ce problème venait en réalité de la violence de la catastrophe, et du fait que chacun, habitant, secouriste, ou membre du gouvernement, s’est senti dépassé par ce qui se passait.
Il arrive que, devant ce sentiment d’impuissance, on cherche quand même à résoudre la situation avec les moyens qu’on possède. Après le Tsunami qui a dévasté l’Asie du sud-est en décembre dernier, les opérations de secours se sont organisées très vite, et dans les tout premiers jours qui suivirent la catastrophe, des gouvernements proposaient déjà leur aide, de nombreuses ONG arrivaient sur place, et des millions de personnes faisaient des dons. On a vu alors un immense élan de compassion et de générosité soulever le monde entier. Sans parler des sommes récoltées, beaucoup de volontaires se sont envolés vers l’Asie pour venir en aide aux victimes. Dans l’urgence, des camps ont été élevés, des abris construits, et on s’est empressé d’aider les habitants à recommencer à vivre. Mais quelques mois après la catastrophe, ces abris, ces camps sont toujours là. La plupart des ONG sont parties après les avoir construits et la nourriture qui était distribuée grâce aux hélicoptères américains durant les premières semaines n’arrive plus. L’urgence a déclenché énormément de mouvements d’aide, mais plusieurs mois après, la situation n’a pas beaucoup évolué. Les habitants sont traumatisés psychologiquement, les pêcheurs se sont vus distribuer des bateaux de fortune, mais d’autres catégories de la population sont maintenant ignorées par les organismes qui restent sur place. On dirait que dans ce cas, il a été plus facile de réagir dans l’urgence, alors que le chaos régnait et que les actions se perdaient dans le tumulte, que de prendre des dispositions à long terme, de façon organisée.
Si l’on regarde l’ensemble des catastrophes naturelles, on pourrait croire qu’aucune n’a été gérée de façon juste et satisfaisante. En réalité, le caractère imprévisible, soudain et violent d’une catastrophe naturelle empêche une réaction immédiate totalement efficace, et la prise de bonnes décisions. Aujourd’hui, les hommes ont pris l’habitude de gérer leur politique, leur économie, leur vie, leur information, et même, dans une certaine mesure, leur sécurité. Le problème est que les catastrophes naturelles constituent justement un élément non contrôlable de la vie humaine. Ce sont des événements qui surviennent de façon si violente et si dévastatrice, que même les plus grandes connaissances humaines sont jusqu’à présent impuissantes à les contrôler.
Cependant, il est possible d’agir pour prévoir les conséquences que peut engendrer une catastrophe naturelle, pour préparer des plans d’action à mettre en place dans les premières heures qui suivent, pour faire de la prévention et mettre des normes de sécurités sur la construction dans des zones où il existe un risque de séisme ou d’ouragan. Malheureusement, aujourd’hui, toutes ces possibilités ne sont pas exploitées par tous les gouvernements. L’ONU, qui avait consacré la décennie de 1990 à 1999 à la prévention des catastrophes naturelles, envisage d’élaborer un traité international qui engagerait les gouvernements du monde à appliquer les solutions peu coûteuses basées sur les connaissances disponibles.
A.M.T.
Economie
La Russie en Ville de Bienne
Olga Angel dirige Matriochka Concept, sa propre école de langues à Bienne. Une confiance aveugle et l’envie de montrer son pays sont à l’origine de son projet.
La fierté de progresser dans la ville d’adoption et son ambition lui donnent la force de continuer dans un marché pour le moins concurrent.
Viviana von Allmen
L’implantation des entreprises suisses à l’étranger contribuent à nouer des liens de nouvelles familles et à la richesse multiculturel de notre pays. C’est en 1989 que cette licenciée en Histoire de l’université de Novgorog arrive à Bienne. Grâce à ses études de la langue allemand achevés en Russie, elle n’a pas des contraintes pour se débrouiller dans la vie de tous les jours. «16 ans en arrière, il n’y avait pas des structures en place pour les étrangers comme aujourd’hui, l’isolement que j’ai ressenti était une preuve de feu pour mon intégration» souligne-t-elle avec émotion.
En étant jeune maman, elle suit le séminaire de français moderne à l’université de Neuchâtel, puis obtient le diplôme. Mais ses ambitions ne s’arrêtent pas là. Observatrice pointue, les problèmes de la société soient ethniques que générationnels ne la laissent pas indifférentes, est ainsi que elle entame le cours comme formatrice d’adultes à Bienne et reçoit son diplôme fédéral. Infatigable enseignante de la culture russe, elle exerce sa profession à travers la langue de son pays d’origine pendant 12 ans dans différents institutions de la région.
Quelques années plus tard, elle est engagée à 50% au Musée Neue Haus de la Ville de Bienne, «Ceci m’avait relié profondément à mes racines» confesse Olga Angel. En concomitance l’historienne continue aussi avec ses cours de langues le soir. Ses deux activités ne la détournent pas de son idée de création de sa propre entreprise.
Nouvelle structure de travail
Sans hâte mais sans pause, Olga Angel continue à s’informer sur les procédures à suivre dans l’ouverture de son école. Un projet difficile à suivre. Logé au fond de son cœur, elle n’a pas d’associés avec qui partager ses certitudes mais aussi ses peurs d’une œuvre de cette envergure.
«Mon moteur c’était ce de démontrer que les femmes étrangères peuvent aussi apporter de nouvelles structures de travail à la communauté» confie Olga Angel. Pourtant rien ne prédisposait à cette femme, à devenir entrepreneur dans le monde de l’enseignement. Grâce à sa ténacité dans la recherche de locaux pour l’implantation de son école, ce bout de femme énergique rencontre le responsable de Business Centre, dont ce locaux sont se prêtent parfaitement à son projet. Les fondements de son entreprise prennent corps et le temps de se consacre à 100% est arrivé. Mais sa démission dans l’institution où elle exerce comme enseignant pour plus d’une décennie n’a pas été vu de bon œil. «Cette contrainte, explique-t-elle, a renforcé mes convictions dans la poursuit de Matriochka Concept.»
Un concept innovateur
Les années d’enseignement et au travers d’une sensibilité innée ont permis à Olga Angel le développement d’une approche plus efficace dans la discipline de la transmission d’une langue slave.
L’originalité de «Concept Matriochka» n’est pas seulement l’enseignement de la langue russe, sa méthode est innovatrice et cible les intérêts personnelles de chaque étudiante. Au cours de l’année 2005 les activités de l’entreprise se sont élargi, notamment dans les services de traduction et les voyages en Russie.
V.vA
Trois question à Olga Angel
La transmission d’une culture comme vecteur vers les affaires.
Comment avez-vous pu concrétiser financièrement votre projet ?
Quand on a une aspiration très forte et les convictions sont logés au plus profonde de vous même, les moyens économiques rejoint vos projets.
Je n’ai pas de la fortune, nous sommes une famille comme tant d’autres en Suisse. Il m’a fallut 10 ans de ma vie pour concrétiser mon rêve. C’est grâce à mes économies que j’ai pu monter mon affaire.
Pourquoi le choix de Bienne comme siège de votre entreprise ?
Notre ville est un exemple d’une bon cohabitation de cultures. Elle était appelée la ville de l’avenir et j’y crois.
Comment faites-vous votre promotion ?
Déjà nous donnons un service de qualité, donc plus tard nos clients recommandent nos services à d’autres entreprises. Aussi nous allons à des foires et personnellement je distribue notre dépliant. Puis à travers les réseaux conventionnels comme la publicité dans les journaux généraux et du mailing. Malheureusement, nous avons écrit à la presse mais nous n’avons pas eu d’écho.
Comment voyez-vous les perspectives du marché pour votre entreprise ?
En ce moment de l’élargissement de l’Europe je trouve que des avantages pour Matriochka Concept. Etant donné l’ouverture croissante des marchés, cela crée des opportunités de concrétiser des affaires aux entreprises d’Europe orientale. Ceci augment me espoirs.
V.vA
Se souvenir d’un été à l’armée
Octobre 2005. Trois ans après avoir effectué mon école de recrue à Payerne, je m’apprête à ressortir mes affaires militaires du placard pour me rendre à un cours de répétition. Préparer tout mon matériel est une occasion de me remémorer les quinze semaines particulières qu’auront été celles de mon été 2002. Le recul me permettra, peut-être, de donner un sens à un système qui m’est toujours apparu contradictoire et hypocrite.
Didier Nieto
Juillet 2002. Premier jour des quinze semaines que je passerai à Payerne. Quelques centaines de personnes sont dans le même cas. L’enthousiasme ne se lit pas sur tous les visages. Réunis dans une grande salle, nous attendons qu’un adjudant nous appelle un à un et nous envoie dans nos diverses affectations. Deux heures plus tard, je me retrouve avec une vingtaine d’autres recrues sous les ordres d’un lieutenant qui sera notre chef de section durant toute notre école. Bien décidé à nous montrer qui commande et qui obéit, il nous enseigne les premiers rudiments militaires : comment saluer, comment parler, comment se tenir,... La même question se lit sur tous les visages : mais qu’est ce qu’on fout là ?
Quelques instants plus tard, un premier rassemblement réunit toutes les recrues de l’école qui, finalement, en compte environ 150. Au milieu de la place se tient fièrement le commandant de l’école. Après un très bref discours de bienvenue, il hurle. Garde-à-vous ! Mal à l’aise, les camarades et moi nous mettons lentement au garde-à-vous, comme nous l’avait enseigné notre chef de section quelques minutes auparavant. Trop lentement apparemment, et pas assez synchronisés... Nous recommencerons l’exercice quatre fois. Ces quinze semaines vont être longues...
Au fond, l’armée a des principes louables (ordre, discipline, ponctualité,...). Mais ils sont tellement poussés à l’extrême qu’il devient très difficile d’y adhérer. Prenons un exemple : l’ordre en chambre. Nous avions l’obligation d’organiser notre penderie selon un ordre rigoureux. D’abord les vestes, puis le pantalon, la chemise et enfin la chemisette... ! Et le matin, lorsque nous faisions nos lits, nous devions veiller à plier notre duvet afin qu’il forme un S (un jour une recrue s’était trompée de sens et toute la chambrée a été retenue de sortir). Autre exemple : lors de certains rassemblements, un officier passait devant les 150 recrues armé d’une équerre afin de vérifier que l’angle que formait l’ouverture de nos pieds était réglementaire ! L’opération durait vingt minutes.
Des anecdotes comme celles-ci, toutes les recrues peuvent en raconter des dizaines. Mais pour quelle raison pousse-t-on la discipline et l’ordre aussi loin ? On ne peut évidemment pas envisager une armée dans laquelle régneraient le désordre et le chaos. Mais quelle conséquence cela peut-il bien avoir si l’angle qui sépare les pieds des recrues varie de quelques degrés ?
Mais l’aspect le plus dérangeant de l’armée est de savoir que l’on nous prépare en prévision d’un éventuel conflit armé. Ma génération n’a jamais vécu de guerre. Par contre, elle la voit tous les jours à la télé. Depuis les guerres en Afghanistan et en Irak, il y a un formidable mouvement anti-guerre qui parcourt la planète et auquel se sont rattachés la plupart des gouvernements. Dont la Suisse.
Il y a tout de même là une contradiction plutôt dérangeante. Un gouvernement qui prône la paix mais qui dépense chaque année des milliards pour acheter des armes, des missiles, des chars,... Amusant pour un pays adepte de la négociation et du compromis. Parfois, j’ai l’impression que l’armée suisse telle quelle est aujourd’hui n’existe que pour le plaisir de quelques personnes qui aiment la guerre et la stratégie militaire et qui s’amusent à jouer aux petits soldats avec les recrues. Le plus ironique dans tout ça, c’est de savoir que tout leur onéreux matériel de guerre va tomber la plupart du temps entre les mains de personnes qui considèrent l’école de recrues et tous les cours de répétition comme une formidable perte de temps. En cas de conflit, quelle chance aurait l’armée suisse face à une armée de professionnels ?
Lors de mon entrée à l’école de recrues, j’étais fermement décidé à détester tout ce qui touchait de près ou de loin à l’armée. Tout n’était cependant pas aussi détestable que je l’aurais souhaité. Le premier soir en effet, nous étions autorisés à sortir en civil pour la dernière fois. Personne ne se connaissait mais tout le monde empruntait le même chemin : celui du pub le plus proche afin de noyer notre désarroi dans une immense chope de bière. Avec mes nouveaux camarades, nous avons échangé quelques convenances. D’où viens-tu ? Et toi tu fais quoi dans la vie ? Mais finalement, le message le plus important de cette première soirée n’aura pas eu besoin d’être prononcé pour être compris de tous : on était tous embarqués dans la même galère (avec tous le même uniforme de surcroît), alors autant se serrer les coudes ! Les jours et les semaines qui ont suivi ont confirmé cette incroyable solidarité militaire, immédiate et (presque) totale, qui n’avait eu besoin que de quelques heures pour exister. Cette solidarité, que je n’ai rencontrée nulle part ailleurs, n’a d’ailleurs pas tardé à se transformer en franche camaraderie. Il a juste fallu attendre que les premières bouteilles de vin prohibées soient débouchées...
Octobre 2005. Dans quelques jours, je retourne à l’armée. Bien que de nombreuses questions concernant l’armée me trottent encore dans la tête, elles sont maintenant atténuées par un voile de résignation. Mon école de recrues, c’était beaucoup de mauvais moments, mais aussi quelques bons. Et ce qu’il y a de bien avec les souvenirs, c’est qu’on laisse volontiers les mauvais de côté pour ne garder que les meilleurs.
D.N.
L’autre regard de Salzburg La vie dans une ville peut se révéler très différente si vous êtes un touriste. Lorsque l’on voyage à l’étranger, on pense à tous les endroits que l’on a envie de voir et l’on est souvent heureux de trouver des indications dans sa langue natale. On se trouve plongé dans une sorte de bulle, similaire à un monde à part dans lequel on ne partage plus vraiment les mêmes préoccupations que les gens qui vivent dans la ville que l’on visite. C’est comme si on accédait à un statut particulier. A partir de là, soit on continue à être un touriste, soit on profite de cette position d’observateur pour relever des petits détails qui font partie intégrante de la vie de la ville. J’ai choisi cette attitude lors du récent voyage que j’ai fait à Salzburg. Premiers contacts L’autre face de Salzburg Valérie Clerc
J’arrive à la gare de Salzburg un vendredi en fin de soirée. Le trajet ne fut pas de tout repos à la suite de déviation et de bouts de parcours effectués en bus. La première chose qui me frappe, c’est que les diverses indications utiles aux voyageurs sont écrites en plusieurs langues. En dehors des informations qu’elles fournissent, elles me disent que Salzburg est une ville à touristes, habituée à les recevoir et que j’appartiens à leur espèce.
Le lendemain m’amène son lot de visites. J’opte pour le Festung Hohensalzburg, le château fort qui surplombe la ville. Pour m’y rendre, je traverse la vieille ville. La circulation y est interdite, ce qui permet aux passants de flâner en toute quiétude. Les boutiques sont nombreuses et vendent, pour la plupart, des souvenirs. D’autres sont des magasins de luxe où l’on trouve vêtements et parfums de marque. Le Mozartkugel apparaît dans un grand nombre de vitrines. Il s’agit d’un chocolat rond, fourré au massepain, un rendez-vous gustatif pour le touriste. Sans surprise, j’ai vu très peu d’autrichien en manger.
Une fois au château, j’ai la possibilité de suivre une visite avec un audio guide. Les commentaires sont conventionnels, mais il est toujours amusant de voir un groupe de vingt personnes déambuler sur des remparts, l’oreille pendue à ce qui ressemble à un téléphone portable. Nous sommes ensemble, mais en même temps, chacun se trouve dans sa bulle. Du château, nous avons une vue imprenable sur la ville, qu’il s’agisse du centre ou des quartiers résidentiels.
De retour dans les rues de Salzburg, mes pas m’entraînent devant la maison qui a vu naître Mozart. L’ancienne bâtisse est prise d’assaut par les touristes qui veulent tous une photo de ce lieu. Rien ne distingue cette maison des autres, mis à part qu’elle est en rénovation et qu’elle abrite le musée à la mémoire du compositeur. Sans cela, je serais passée devant sans la remarquer.
Salzburg est une ville de musique et de culture, cela ne fait aucun doute pour celui qui la parcoure. Il n’est pas étonnant de tomber sur un excellent musicien au détour d’une ruelle, entouré d’un groupe de personnes en train de l’écouter. Pendant l’été, il est possible d’assister à des concerts en pleine rue. De plus, il y a un nombre incroyable de galeries d’art concentrées au centre ville. En passant la porte de l’une d’entre elle, on se retrouve nez à nez avec des Dalí, des Picasso, des Warhol ou encore des Max Ernst.
Cependant, comme dans toute cité urbaine, Salzburg possède une autre facette moins dorée mais plus humaine. Sur le seuil même de la maison de Mozart, une jeune femme, emmitouflée dans des vêtements dépareillés et usés, est en train de tracer sur le sol à la craie des personnages de Walt Disney, pour gagner quelques sous. Chaque jour de la semaine, elle vient ici, sauf le dimanche qui est le jour du repos.
Je visite la cathédrale de Salzburg, le Dom St Rupert, un très beau bâtiment tout en rondeurs, peu commun avec les édifices gothiques qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on parle de cathédrale. Dans cette ville, les gens sont très croyants et l’on retrouve des symboles religieux un peu partout, sans compter le nombre d’église relativement important (plus d’une dizaine dans le centre de la ville). En outre, il n’est pas rare de voir des moines franciscains en robe de bure marcher dans les rues. D’ailleurs, sur le Kapuzineberg, une colline boisée au milieu de la ville, entourée par une muraille, se situe un monastère franciscain encore en activité. En se promenant dans la forêt, on peut tomber sur un bien singulier personnage ; un homme, entre deux âges, qui a élu domicile au milieu des arbres. Lui aussi se trouve dans une sorte de bulle, hors du temps et des inquiétudes, bien qu’il s’agisse d’une autre atmosphère que celle dans laquelle on évolue lorsque l’on est touriste. Pour se protéger de la pluie, il s’est aménagé un abri dans la muraille qui surplombe la vieille ville de Salzburg. Il a également construit une sorte de coin cuisine, représenté par une planche sur laquelle il pose divers couverts. Ce Robinson de la ville goûte le plaisir qu’il y a à lire un livre au soleil. Non loin de lui repose un monticule de cadavres de bouteilles de bières bon marché.
Les villes ont une vie propre qui est bien différente de celle que le voyageur rencontre quand il les visite. A force de d’y habiter, on commence à se sentir moins étranger. Cependant, il faut aussi un certain temps pour que la ville elle-même ne nous considère plus comme touriste. En y vivant le temps de vacances, ce processus est irréalisable, mais il reste possible néanmoins de remarquer des petits détails qui font la vie de tous les jours sur place. Je considère personnellement qu’il est tout aussi passionnant de prêter attention aux habitants de la ville et à leurs habitudes que d’aller voir tous les monuments et les musées. Finalement, c’est aussi un moyen d’apprendre sur l’endroit que l’on visite et de connaître des expériences plus humaines.
Parodie d’une apocalypse
Viviana von Allmen
Il y avait du monde pour la première de trois uniques représentations de «Le grand feu d’artifice ou la fin du monde» de Karl Valentin.
Le spectacle a été créé sur la base de courtes pièces et de sketches de l’auteur. Son oeuvre met en évidence le hic du langage dans la compréhension humaine le tout dans un cadre comique extravagant. Il s’exprime dans un ton surréaliste et met dans la bouche de ses personnages des démonstrations
cinglantes et redoutables d’intelligence, pour montrer la bêtise du système. «Nous avons choisi de faire un collage de textes de tranché écrits à la fin de sa vie» rapporte Guy Delafontaine. L’interprète de
«l’aubergiste» est aussi le metteur en scène.
Un patron de café décide d’offrir un grand feu d’artifice à ses clients, mais la météorologie semble peu propice…
La représentation se déroule dans un espace scénique superbement réussit. Elle s’articule au tour d’un ponton tournant. Les comédiens maîtrisent la magie de transporter le public, d’une scène à une autre dans un bar, devant la fontaine principale de la ville, dans une gare, dans les profondeurs des rêveries mais ils reviennent toujours au café.
La pièce est un spectacle tout en mouvement où s’alternent monologues, dialogues danses et musique.
Les récits des acteurs, se soulignent tantôt par la naïveté, tantôt par l’absurdité pour rejoindre une conclusion subjective dans les spectateurs.
La représentation de «l'artificier» magistralement jouée par Doris Vuilleumier est muet. Elle déploie ses talents d’actrice et de danseuse jouant une résonance émotive au travers de la plasticité de son corps à la
fin des dialogues.
La musique,de l’ancienne URSS, accompagne en toute harmonie les mouvements des comédiens.
Dans le dernier tableau et au moment si attendu des feux d’artifices, la prestation de Catherine Fragnière dans le rôle de Karl Valentin est parfaite. Mais le personnage le plus étonnant est Liesl Karlstadt, la
chanteuse insoucieuse, incarné avec une grande maîtrise par Jean-Paul Favre. Il pousse la parodie jusqu’à l’extrême, tantôt par sa gestuelle tantôt par le chant.Ce voyage au travers des scènes de la vie quotidienne invite à prendre la vie du bon côté.
A la fin de la représentation , le public a ovationné les comédiens à
trois reprises, un vrai plaisir pour eux.
V.vA
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